Être positif  ou se croire « positif »

L’illusion d’être « positif »

À notre époque, les gens subissent une influence qui les amène à se croire « positifs » lorsqu’ils fuient toutes les personnes considérées comme « lourdes » ou manipulatrices.

Il y a plusieurs façons de se croire positif. Certains se disent positifs puisque, contrairement aux personnes qui se plaignent tout le temps, ils jouissent de la vie, ils s’amusent et ils sont toujours joyeux.

D’autres se perçoivent positifs puisqu’ils apprécient ce que leurs parents ont fait pour eux, et ce, sans les remettre en question. Ou encore, certaines personnes se croiraient positives parce qu’elles ont de bonnes amitiés, leurs enfants sont obéissants et ont de bons résultats scolaires. Et ainsi de suite.

Je pourrais continuer cette liste de situations dans lesquelles nous nous croyons positifs, puisque nous arrivons encore à contrôler notre réalité extérieure.

Les émotions sont essentielles aux êtres réellement positifs

Or, pour être des personnes réellement positives, il faut reprendre contact avec nos émotions : pas seulement la joie… Mais aussi la colère, la peine, la peur et la jalousie.

Oui, l’émotion est positive, puisqu’elle est innée. Elle a un rôle crucial à jouer dans notre vie. Elle permet au bébé d’exprimer ses besoins. Cependant, depuis que nous avons la « couche aux fesses », nos parents, par ignorance de leur propre réalité émotive, nous ont appris à force de répétition à considérer ces dernières comme des obstacles à notre bonheur.

Le « pseudo-positivisme » par rapport au positivisme sain

Pour sortir de notre pseudo-positivisme, et pour nous épanouir, nous devons apprendre à faire du ménage dans toutes les croyances acquises lorsque nous étions des enfants. Avec l’autonomie affective, nous apprenons le véritable sens du positivisme.

Être « positif », ça signifie prendre la responsabilité de répondre à nos besoins affectifs et relationnels. Et notre réalité émotive est le véhicule qui nous conduit à cette présence à soi.

Par exemple : si je continue de tasser les personnes qui ne sont pas à la hauteur de mes attentes, je ne pourrai pas acquérir de nouvelles habiletés relationnelles et développer la capacité de me respecter et de dire « non » à l’inacceptable.

Se nuire en « tassant » les personnes négatives

Autre exemple : si je compare mes relations à l’apprentissage du piano, « tasser » les personnes considérées comme lourdes équivaut à arrêter de jouer du piano parce que je suis tannée de faire de fausses notes, et ce, tout en continuant de croire que je deviendrai pianiste.

Humainement parlant, nous avons obligatoirement besoin de nos expériences pour apprendre. Ce principe s’applique aussi sur le plan des relations humaines. Par exemple, si vous continuez de tasser les personnes avec le pattern du bourreau, l’enfant apeuré qui « fige devant ses agresseurs » restera programmé en vous tant et aussi longtemps que vous n’aurez pas la volonté de travailler à vous en libérer. C’est un phénomène de complémentarité.

C’est la réponse à toutes les personnes qui, croyant s’être enfin libérées de leur bourreau, se retrouvent dans une autre relation tout aussi dysfonctionnelle ! Enfin, comprenons que devenir positifs exige obligatoirement une prise en charge de notre mentalité restée infantile faute de guide pour nous en guérir.

L’importance du discernement

Bien sûr, il faut parfois savoir partir, car certaines personnes, nous le savons, sont devenues d’une telle violence qu’elles sont réellement dangereuses. Or, il y a un discernement à faire entre une personne lourde et négative et une personne dangereuse.

Ginette Carrier


LA FUITE Extrait du livre L’amour : véritable chemin du bonheur 1

LA FUITE

La fuite est une attitude confondue avec le lâcher-prise. Les gens sont convaincus de se choisir enfin et de ne choisir que le positif dans leur vie en tassant tout ce qui les dérange. Un peu comme l’autruche qui se met la tête dans le sable et qui est convaincue d’être protégée du lion! En bons dépendants affectifs, nous croyons que c’est le chauffard qui est responsable de notre frustration ou encore, que la température est la responsable de nos lamentations. En vérité, nous ne saurions imaginer que notre mauvaise humeur n’est que le miroir de nos habitudes mentales autodestructrices. Mais arrêtons-nous un instant et nous constaterons que beaucoup de choses et de gens déclenchent nos habitudes de nous plaindre et/ou d’agressivité. En fait, vous pourriez croire qu’il faudrait vous retrouver sur une île déserte pour ne plus vous plaindre. Et encore, je vous assure que vous seriez fidèle à vous-mêmes. Votre impatience, votre perfectionnisme et tous vos jugements de valeurs ne vous auraient pas quittés même si vous vous isolez à l’autre bout du monde. Pas même la simple lecture d’un livre ne peut les faire disparaître. Vos habitudes mentales vous suivent, votre mal-être aussi.


Se nuire en « tassant » les gens négatifs

On croit aider les gens quand on leur dit de « faire le ménage dans leurs relations » alors que ça fait le contraire.

L’être humain a besoin de l’expérience pour apprendre et ainsi se donner l’opportunité de se libérer de l’illusion que le bonheur dépend des autres.

Ainsi outillés et libérés de nos pièges irrationnels, nous n’avons plus besoin de « tasser » les gens négatifs pour ne plus être mal : nous sommes maîtres à bord.

  1. . L’amour : véritable chemin du bonheur. Les éditions anonymes, Montréal, 2018, p. 181.

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