« C’est difficile, le confinement »

Pour qui et pourquoi le confinement est-il une expérience difficile ? Pour la plupart des personnes qui sont restées des inconnus pour elles-mêmes et qui, avant même l’avènement de la COVID-19, continuaient de divertir leur vie, de croire que leur bonheur venait de la réalité objective, soit du « faire » et de « l’avoir ». Ce sont ces mêmes personnes qu’on entend dire : « Je vais très bien, tu sais : je fais du sport… Je vais au gym… J’organise un voyage avec des amis… J’ai un travail que j’aime, je fais même des heures supplémentaires… J’ai un projet de maison… Nous sommes dans les rénovations… Je suis occupé, pas l’temps de penser ! »

Elles iront même souvent jusqu’à ridiculiser ceux qui ont entamé une démarche d’introspection : « Tu ne pourrais pas juste vivre ?! … Profite de la vie ! … On a juste une vie ! … Tu n’es pas tanné d’être en thérapie ? … Depuis le temps que tu es là, as-tu appris quelque chose au moins ? … Arrête de chercher des bébittes, have fun man ! » Et ainsi de suite.

Oui, le confinement est difficile pour ces personnes qui croient qu’elles ne peuvent pas et qu’elles ne doivent pas changer. À leur avis, elles sont bien correctes comme ça. Elles sont adeptes du « Je suis fait comme ça : prends-moi comme je suis ! » Lorsque le confinement arrive, ces personnes sont confinées avec un inconnu, c’est-à-dire qu’elles se retrouvent face à elles-mêmes. Et c’est cet inconnu qui se plaint, qui s’ennuie, qui panique devant l’anticipation de ne plus avoir rien à manger, qui se fait du souci pour ses placements, qui n’arrive plus à dormir, qui est écœuré d’entendre les enfants crier, qui rage de perdre le contrôle, qui s’inquiète des conspirations (« Et si nous étions tous en train de nous faire avoir par notre gouvernement ! »), pour qui tout tombe sur les nerfs, qui est impatient, qui trouve impossible d’être tranquille parce que la maison est trop petite, etc.

Le confinement est difficile lorsque nous n’avons pas pris le temps de comprendre que notre santé mentale est d’une extrême importance et que toutes les habitudes mentales énumérées ci-dessus sont négatives et plus ou moins dangereuses. En effet, il suffit de constater autour de nous (ou en nous) les réactions complètement immatures déclenchées par la COVID-19.

Le pire, c’est que les gens projettent leurs habitudes négatives sur les autres. Elles sont alors convaincues que le confinement est pénible pour tout le monde. La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas le cas. Le confinement devient pénible si les pensées que nous alimentons sont nuisibles. Pour cela, il faut utiliser notre cerveau intelligemment et apprendre que le véritable bonheur est cognitif, c’est-à-dire qu’il ne réside que dans nos habitudes de penser. Par exemple, si je m’écoute penser lorsque je ressens de l’anxiété, je découvrirai que j’utilise mon imaginaire pour m’inventer des scénarios catastrophes !

Je vous souhaite de tout cœur d’utiliser l’expérience de la COVID-19 pour apprendre à vous écouter penser. Chaque fois que vous prenez conscience que vous êtes en train de vous faire du mal avec vos propres pensées, prenez le temps de réfléchir à remplacer ces dernières pour cultiver une nouvelle attitude mentale, constructive cette fois-ci, qui, à force de pratique, deviendra une habitude constructive !

Affectueusement… Et bon confinement comme outil de transformation!

Ginette Carrier

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