COVID-19 et anxiété

En 1991, à mes débuts en relation d’aide, ce qui m’a le plus frappée, c’était la quantité de gens souffrant d’anxiété, de crises de panique et de troubles obsessionnels-compulsifs (TOC). En fait, je prenais conscience que nous étions tous plus ou moins prisonniers de l’habitude de partir dans notre imaginaire de façon négative.

Heureusement, grâce au processus d’autonomie affective que j’avais déjà mis en place, je commençais à responsabiliser les gens à prendre l’habitude de se ramener dans le réel, et ce, chaque fois qu’ils prenaient conscience qu’ils étaient en train, encore une fois, d’utiliser leur imagination pour s’autodétruire.

Comprenons que notre imagination, comme tout ce qui a été créé sur cette terre, est constructive et a pour but de créer notre vie. Cependant, l’enfant, étant encore immature, ne peut pas utiliser son imagination uniquement pour créer : il nourrit aussi des scénarios catastrophes. Malheureusement, si personne ne vient lui enseigner qu’il est capable de travailler et de changer ses habitudes de penser fort destructrices affectivement, ceci ne changera pas en vieillissant.

En fait, lorsque les parents apprennent l’autonomie affective, ils se libèrent de l’anxiété ou, du moins, de leur inquiétude. Dès lors, ils deviennent des modèles rassurants ou aptes à démontrer à l’enfant, par expérience, qu’il ne doit pas continuer à nourrir des pensées aussi destructrices, qui se programmeront dans son subconscient et deviendront une habitude cognitive autodestructrice.

C’est très simple : vous n’êtes pas vos habitudes de penser négatives. Vous n’êtes pas anxieux : vous nourrissez inconsciemment, depuis votre enfance et avec votre imaginaire, une habitude réellement destructrice qui provoque votre anxiété. Vous n’avez simplement qu’à prendre en charge votre santé mentale. De mauvaises habitudes, ça se change…

Par exemple, si nous disions à quelqu’un qui a pris l’habitude de fumer : « Ah, trop tard, t’avais juste à pas commencer. Maintenant, t’es pris à fumer pour le restant de ta vie ! », nous trouverions ça absurde, et avec raison. Pourtant, en santé mentale, on continue d’acheter l’idée qu’on est ainsi fait et qu’on ne peut plus rien y faire.

Or, combien de gens, même médicamentés contre l’anxiété, ai-je pu voir guérir grâce à la déprogrammation de leurs mauvaises habitudes cognitives, que l’on croit trop souvent irrémédiables (par exemples : dramatisation, fatalisme, insécurité, peurs imaginaires, etc.) ?

Maintenant, vous savez qu’on peut guérir de l’anxiété à force de détruire nos habitudes mentales nuisibles et en reprenant le contrôle de notre imaginaire. Comment ? Grâce à la pratique des trois étapes de l’autonomie affective.

1) Lorsque vous sentez l’anxiété monter, prenez conscience que vous êtes encore en train de vous inventer des scénarios catastrophes.

2) Prenez ensuite le temps de vous parler pour vous ramener dans le réel (idéalement à voix haute, car c’est plus efficace pour programmer le subconscient, soit la partie du cerveau qui permet d’installer les habitudes). Par exemple : « Écoute, t’es encore en train d’utiliser ton temps et ton imaginaire à t’inventer des problèmes qui n’arriveront probablement jamais. Si ces problèmes se concrétisaient, fais confiance au fait que tu trouveras des solutions en temps et lieu. D’autant plus que la problématique ne va pas nécessairement se passer comme tu l’imagines… Donc, le temps que tu prends à te projeter dans le futur ne te servira à rien, il ne fait que t’enlever de précieuses minutes de ton moment présent. »

3) Enfin, prenez un temps pour vous sentir mieux dans cet instant qui ne reviendra jamais, puisque le sentiment est essentiel à notre reprogrammation.

Au début, une seconde et demie s’écoulera avant que vous repartiez dans la mauvaise habitude. Mais ne vous inquiétez pas : installer une habitude exige de nous de la persévérance. Personne ne s’attendrait à parler couramment le japonais après son premier cours, n’est-ce pas ? Persévérez, et vous réussirez.

Affectueusement,

Ginette Carrier

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