« Je vais virer fou à force de rester enfermé »

Je souhaite rassurer toutes les personnes qui partagent ce genre de pensées. Le confinement n’a pas le pouvoir de nous rendre fou. En effet, la folie n’est pas quelque chose qui tombe sur nous, comme ça, par hasard, pas plus que l’obésité. Pour se construire dans tous ses corps (physique, intellectuel, énergétique, affectif, émotif, mental et spirituel), cela exige à l’être humain d’apprendre.

Alors, si nous apprenons à manger de bons aliments, en quantité raisonnable, nos chances de souffrir d’obésité seront faibles, à moins d’un problème de santé. Dans le même ordre d’idées, si nous n’allons pas à l’école pour apprendre à lire, nous ne développerons pas cette aptitude, intellectuellement.

Il ne saurait en être autrement en ce qui concerne notre santé mentale. Le problème se situe sur le plan de nos habitudes mentales. Qu’avons-nous « mangé » mentalement durant toute notre vie ? Qu’avons-nous pratiqué comme habitudes depuis notre enfance ? Le confinement, comme toutes expériences que nous traversons, n’est que révélateur de notre état mental. La preuve, c’est que nous n’expérimentons pas tous le confinement de la même façon.

Par exemple, il est certain que si j’avais l’habitude de m’ennuyer lorsque j’étais inactif, il va de soi que le confinement déclenchera cette mauvaise habitude mentale (ennui) encore plus fortement. Il en va de même pour toutes mes habitudes de penser : si je dramatisais mes problèmes, la dramatisation me fera davantage souffrir de cette situation ; si j’anticipais l’avenir… Eh bien, on ne peut qu’imaginer votre souffrance actuelle !

En fait, le drame, c’est que, pour la plupart d’entre nous, la santé mentale n’a jamais fait partie de nos priorités. Nous sommes beaucoup trop occupés à faire mille et une choses. D’ailleurs, en accompagnant des gens dans leur autonomie affective, j’assiste tellement souvent à des rechutes dans les débuts de leurs cheminements : puisqu’ils étaient très occupés, ils se sentaient bien. Ma traduction : pendant ce temps, leurs habitudes mentales négatives ne les dérangeaient pas !

Sans doute, cela vous semblera inopportun à lire, mais la COVID-19 sert de « loupe » à nos habitudes de penser irrationnelles (c’est-à-dire illogiques, nuisibles, négatives…) dont nous nous nourrissons depuis notre tendre ou moins tendre enfance. Si vous ne me croyez pas, demandez-le à vos proches, car, très souvent, ils sont meilleurs juges que nous, subissant au quotidien ces attitudes que nous banalisons.

Alors, le danger n’est pas d’entendre nos réactions émotionnelles fortes grâce au confinement, mais plutôt de ne rien faire, de continuer de nous nourrir inconsciemment d’un mental qui nous détruit à petit feu, faute de responsabilisation de notre part.

Je vous souhaite tellement de pratiquer à utiliser votre quotidien pour écouter ces pensées qui vous font mal réagir (paniquer, stresser, chialer, bouder, etc.) afin de prendre la décision de changer vos habitudes mentales. Pour vous-mêmes, en premier lieu, puisque vous vivez 24 heures sur 24 avec vous, et, bien sûr, pour nos proches, qui nous endurent.

Avec toute l’affection de mon cœur,

Ginette Carrier

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