Solitude ou isolement

Il n’est pas rare de croiser des personnes qui confondent ces deux notions. L’isolement est le fruit d’une grande souffrance affective qui amène l’être humain à se confiner lui-même. Les différents patterns négatifs (habitudes mentales négatives), dont nous sommes tous plus ou moins prisonniers, peuvent conduire certaines personnes à cette réalité en vieillissant.

Voici donc, sommairement, deux des plus importants patterns à risque d’isoler les gens au fil du temps.

Le premier, et non le moindre, c’est le manque d’estime de soi. En effet, si je me compare à la baisse dans ma relation aux autres, je risque fort de finir par ne plus vouloir les fréquenter pour faire taire le mal-être que leur présence provoque en moi.

Le second, c’est celui de l’intransigeance : cette volonté d’amener la réalité ou les autres à se conformer à mes attentes. «Pourquoi il m’a dit ça ? Il ne réalise pas qu’il n’a pas d’allure !» ou encore «Il m’a fait ça à moi, pourtant je suis gentille !»

Le pattern de l’intransigeance, dont nous souffrons tous à différents degrés, a le pouvoir de nous aigrir. Et les personnes aigries ne font pas bonne figure dans notre société qui tend à vouloir bien paraître, quitte à mettre nos frustrations sous le tapis pour acheter la paix. Ces gens «lourds», la grande partie de la société cherche à les éviter à tout prix. Au moins, si ces gens souffraient de leur isolement, ils pourraient agir avant qu’il ne soit trop tard… Malheureusement, ils y sont confortables, étant donné que cette situation leur permet de fuir le mal-être. D’ailleurs, il y a quelques années, dans un article écrit par une sociologue, j’ai lu que de nombreuses personnes sur le Plateau avaient compris la nécessité d’apprendre à vivre seules. Quelle terrible conclusion !

Parlons maintenant de l’habilité à la solitude, cette merveilleuse attitude que toute personne aspirant à l’autonomie affective devra acquérir.

Le jour où nous comprendrons que notre bonheur relève de notre état mental, nous enseignerons l’amour de la solitude à nos enfants dès leur bas âge : «Mon amour, il est super important de savoir passer du temps seul. La vie nous oblige à nous retrouver souvent seuls en notre propre compagnie, et ce temps doit nous être profitable. Il permet l’introspection, la réflexion, la détente, le calme, la méditation, l’observation, la contemplation, la prière, etc.»

Nous devons absolument comprendre que l’isolement vient du fait que nous accusons la situation ou les autres de nos mal-être émotionnels. En vérité, ils sont un beau miroir de notre intérieur. En effet, si je suis confrontée par la présence et l’attitude des autres, je pourrai ainsi prendre conscience de mes lacunes ou de mes défauts à corriger (être bête, impatient, intolérant, gêné, jaloux, toujours confronté à un sentiment de culpabilité, etc. – je pourrais allonger cette liste des patterns négatifs à entendre afin de me guérir).

Pour celles et ceux qui sont prêts à prendre le merveilleux chemin de la maturité affective, si essentielle à nous tous, la solitude et notre relation aux autres deviennent un formidable terrain de jeu à notre autoguérison affective, émotive et cognitive. Puisque nos comportements et nos choix sont une suite logique de notre façon de penser, nous pouvons alors parler de guérison comportementale !

Avec toute mon affection,

Ginette Carrier

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