Notre bonheur exige aussi la capacité de pardonner !

En général, nous endossons et revendiquons le droit de haïr, de nourrir du ressentiment, de l’intransigeance, de la colère, voire le droit de nous venger du mal que les autres nous ont fait. Alors, d’un commun accord, nous nous entendons pour faire la guerre contre l’agresseur…

La guerre fait donc des ravages en nous, et autour de nous. Autour de nous, parce qu’on peut trouver un ennemi en un frère, une sœur, un père, une mère, un collègue, un patron, un fils, des amis, un voisin, etc. En nous, parce que notre pire ennemi, c’est nous-mêmes. Sachez que, que vous en ayez conscience ou pas, tant que nous perdurons à nourrir une mentalité négative, c’est-à-dire de haine et tout le tralala, celle-ci nous auto- détruit !

Par conséquent, nos guerres s’immiscent dans nos foyers et détruisent nos familles. Pour les conflits conjugaux, notre ignorance nous fait malheureusement croire que la seule façon d’éviter de les faire subir à nos enfants, c’est de nous séparer.

Et nous continuons de percevoir la destruction de nos familles comme une solution à nos problèmes, sans même réaliser que nos enfants ont pour modèle cette sensation aigre que nous sommes tous rejetables, que l’amour n’existe pas sur Terre, que le conflit est inévitable.

Dans ce court texte, j’espère toutefois vous apprendre que le but de notre vie est plutôt d’apprendre à construire, à bâtir l’amour, à sortir de nos rancœurs et à pardonner.

Généralement, lorsque je parle du devoir de pardonner à nos ennemis, la première réaction des gens ressemble à celle-ci : « Je refuse de pardonner, car cela voudrait dire qu’il a le droit de m’avoir fait tout ce mal et que les agresseurs pourraient continuer leurs méfaits. »

En vérité, le pardon apporte principalement à la personne qui en fait le don. Oui, il libère assurément celui qui a compris que l’amour ou la haine viennent en réalité de son propre cœur, c’est-à-dire de sa façon de penser. Quant à l’agresseur, sauf dans de rares cas, il n’en retire même pas les bénéfices puisque, la plupart du temps, il ne sait jamais qu’on lui a pardonné.

De plus, pour vous aider à faire grandir votre désir d’apprendre à pardonner, je vous invite à considérer l’agresseur autrement : croyez-vous vraiment qu’une personne qui serait pleinement heureuse passerait son temps à faire du mal à autrui ? Non. En fait, l’agresseur est une personne en détresse affective plutôt aigrie, remplie d’amertume et de ressentiment. En vieillissant, cette aigreur se perçoit d’ailleurs jusque dans ses traits et sa posture.

Pardonner, c’est comprendre que nous arrivons bébés dans une famille et que nous n’avons pas choisi d’hériter de son bagage de souffrances affectives et de violence plus ou moins apparente, en fonction du milieu duquel nous venons. Par exemple, lorsque je travaillais avec les jeunes de la rue, je n’avais pas besoin de remonter trop loin dans leurs enfances pour m’expliquer comment ils pouvaient être à l’origine de tant de méfaits, de vols et de vengeances auprès des « riches » de ce monde.

À partir du moment que nous comprenons que, pour faire du mal à autrui, il a fallu qu’on nous fasse du mal lorsque nous étions enfants — et que nous n’avons pas eu la chance de nous libérer de cette souffrance —, nous pouvons dès lors commencer à sortir de nos jugements de valeur.

Je vous imagine me rétorquer : « Non, je m’excuse, mais je connais les parents de cet agresseur : ils l’ont tellement aimé, il a tout eu ! » Et je vous réponds que nous devons cesser de nous fier aux apparences. C’est fou à quel point nous continuons de croire qu’un enfant à qui on a donné tout ce qu’il souhaitait ou demandait devrait se sentir heureux !

À ce titre, toutes les personnes qui ont persévéré sur le chemin de leur autonomie affective ont compris que nos ancêtres (ceci inclut nos parents) ne s’investissaient pas dans la guérison de leurs dimensions émotive, cognitive, affective et psychologique. La volonté d’aimer nos enfants n’est pas suffisante parce qu’elle ne nous soustrait pas à la transmission inconsciente de notre héritage familial : c’est-à-dire de nos propres blessures affectives.

Prendre le chemin du pardon, c’est apprendre à sortir de nos ornières afin de sentir le doux parfum de notre liberté intérieure. Pour ce qui est de nos agresseurs, je leur souhaite la pareille, car qui de nous peut se vanter de ne jamais avoir été l’agresseur de quelqu’un d’autre ?

Avec toute la tendresse du monde !

Ginette Carrier

1 réflexion sur “Notre bonheur exige aussi la capacité de pardonner !”

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