Choisir nos influences

L’humain est un être influençable, et il le restera. C’est une excellente nouvelle, car c’est comme ça qu’il apprend, qu’il évolue. En effet, nous sommes constamment influencés par ce qui nous entoure : nos amis, les événements, Internet, les idées des autres, la nature, les chansons ou toute autre source d’information intellectuelle ou sensorielle.

L’objectif n’est pas de ne plus être influençable, mais de choisir nos influences, et ce, pour arrêter de prendre des chemins qui nous sont nuisibles.

L’influence négative : un obstacle au respect de soi

En autonomie affective, une influence négative est celle qui nuit au respect de soi. Soyons clairs : dire à quelqu’un « Cesse d’être influençable », ne le guérira pas de sa propre nature.

Si nous sommes parents ou tout autre figure d’autorité auprès des enfants, cela implique que nous devons absolument comprendre la théorie de notre fonctionnement affectif. Autrement dit, pour qu’un enfant guérisse des choix qu’il fait, il faut obligatoirement passer par l’éducation et l’apprentissage du discernement (discerner ce qui est bon pour lui et ce qui ne l’est pas). Par conséquent, lui répéter qu’il doit cesser d’être influençable est, au contraire, une attitude très destructrice pour lui.

Pratiquer à choisir ses influences

Voici comment l’apprendre :

  • 1) Développer son discernement
    • Le discernement permet d’analyser les influences (paroles, idées, etc.) afin de voir si elles sont constructives ou pas. En principe, elles doivent permettre de bâtir l’amour de soi, de répondre à nos besoins. Dans le cas contraire, nous ne devrions pas les retenir.
  • 2) Connaître la théorie du fonctionnement humain
    • La connaissance du fonctionnement humain permet de comprendre nos besoins, qu’ils soient affectifs ou autres. Si la personne ne sait pas entendre ses véritables besoins, elle ne saurait être en mesure de discerner les influences positives des influences négatives.
  • 3) Combattre ses irrationnels
    • Dans certains cas, la personne peut reconnaître que c’est une mauvaise idée, mais décide tout de même de choisir ce qui était clairement une influence négative. Dès lors, c’est très important de connaître la cause et d’y remédier, faute de quoi la personne continuera à se laisser influencer de façon négative. Cette cause, c’est une ou plusieurs habitudes mentales nuisibles (patterns), et les croyances qui en découlent.

Exemples

  • Manque d’estime de soi : peur du rejet de l’autre, importance donnée à la pression des pairs, recherche d’attention, etc.
  • Ressentiment : volonté de se venger, de faire mal à l’autre qui nous a blessés, etc.

En autonomie affective, nous apprenons la théorie et nous développons notre discernement en pratiquant le processus en trois étapes. Avec celui-ci, et grâce à chaque émotion vécue, nous identifions les croyances nuisibles qui entretiennent nos irrationnels pour les détruire en les remplaçant par des croyances positives.

Ainsi, à force de remplacer nos irrationnels, nous sommes en mesure de ne plus être influençables négativement.

En fait, nous n’arrêtons pas d’être influençables négativement sur demande : nous nous bâtissons plutôt dans l’amour de soi afin d’être maîtres à bord de notre bonheur et de choisir nos influences.


IRRATIONNEL : SCEPTICISME (DISCERNEMENT ET CHOISIR SES INFLUENCES) 1

« Le terme scepticisme désigne l’attitude, la propension des personnes au doute et à la défiance vis-à-vis de tout ce qui n’est pas soumis à un examen critique, qui n’est pas prouvé de manière évidente ou indiscutable. [Il] peut s’exercer à l’égard d’opinions, de valeurs, de croyances, d’idées reçues ou couramment admises, de la véracité de certains faits, de la réussite d’un projet ou d’une proposition quelconque, etc. »

<https://www.toupie.org/Dictionnaire/Scepticisme.htm>, consultée le 2 décembre 2021.

Une personne sceptique (dans son sens négatif) nourrit la peur de se faire avoir, d’être naïf. Par conséquent, elle oppose à un examen minutieux tout ce qu’on lui dit, ou rejette carrément toute nouvelle approche ou proposition. Cette attitude, loin d’être du discernement, constitue un obstacle majeur à l’ouverture d’esprit, qui, elle, est essentielle au cheminement vers la maturité affective. Effectivement, au lieu d’apprendre des autres, cette personne choisit plutôt de se replier sur elle-même.

Il existe aussi la peur d’être influençable, qui encourage la personne à faire preuve de scepticisme. La réalité, c’est que nous sommes tous influençables. En vérité, le seul pouvoir que nous avons n’est pas d’être influençables ou non, mais plutôt de choisir nos influences.

Choisir nos influences, c’est apprendre à discerner ce qui est bon pour nous afin de cesser de croire les charlatans, ces personnes qui tentent de nous vendre du bonheur à bon marché. Sur le plan affectif, nous avons cette intelligence, mais, avant de pouvoir discerner ce qui nous aidera au mieux-être, il faut d’abord accepter de faire quelques erreurs de parcours. C’est peut-être le plus important à accepter, car de nombreuses personnes veulent savoir sans passer par l’expérience. Comment pourrions-nous savoir ce qui est bon pour nous sans avoir préalablement appris de nos erreurs ? J’aime énormément ce dicton : « L’erreur n’existe pas, elle est une opportunité d’apprendre. ». C’est si vrai que l’être humain avance dans la connaissance par une suite d’essais et d’erreurs.

Quant au sceptique, il est très souvent prisonnier d’une croyance qui le rend très résistant au changement. Cette croyance, c’est qu’en considérant les faits, il se croit réaliste. Puisque sa capacité de considérer les faits est limitée, des dérives sont possibles. Par exemple : « C’est vrai que les autres cherchent à nous avoir, la preuve est que celui-ci a bel et bien réussi à escroquer des milliers de dollars. »

En fait, dans l’exemple précédent, au lieu d’être logique, le sceptique surgénéralise. Il tire une conclusion générale sur la base d’un seul ou de quelques incidents.

Le sceptique prend ici et là des preuves dans notre monde souffrant pour justifier sa position. Il appelle son scepticisme du réalisme et juge qu’il a parfaitement raison, pour reprendre l’exemple, d’alimenter sa méfiance, qu’il nomme de la prudence.

Ce que le sceptique ne réalise pas, c’est que nous avons le réflexe de voir ce que nous avons appris à regarder. Et ce réflexe est dû à nos filtres mentaux ou notre abstraction sélective. Le sceptique est donc en danger de ne jamais remarquer toutes les personnes qui l’ont véritablement aidé dans sa vie ou qui n’ont pas cherché à lui nuire. Il est vrai qu’il y a des « fraudeurs » ou des « charlatans » dans le monde, mais l’homme a aussi la possibilité d’aimer et de vouloir donner, d’aider. Nous avons tant à apprendre au contact des personnes aimantes.


En résumé


Pour en apprendre plus

  1. . L’amour : véritable chemin du bonheur. Les éditions anonymes, Montréal, 2018, p. 130.

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