Être seul à Noël

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, nous remarquons de plus en plus la détresse affective de ce monde : anxiété face à notre avenir, peur de tomber malade, que nos proches meurent seuls… Vous êtes mieux placés que moi pour entendre ce qui vous inquiète.

Certes, le virus fait des ravages. Par contre, dans l’histoire de l’humanité, ce n’est pas la première fois que nous faisons face à une pandémie ou à une catastrophe, et ce ne sera pas la dernière.

La terre et la nature réagissent à nos choix. Par le fait même, notre nature humaine en fait tout autant, que cela nous plaise ou non. Depuis toujours, l’humain, par ses choix de vie, priorise de s’occuper plus, d’accumuler sans cesse l’« avoir », le « savoir » et le « faire », et ce, au détriment de sa capacité à grandir en amour. À cela s’additionne la haine dans le cœur de l’humain, qui déclenche les guerres et ajoute à la détresse.

Aujourd’hui, l’humanité se retrouve paralysée depuis des mois par cette pandémie, qui nous isole tous dans une période de l’année qui se veut festive.

Comment réagissez-vous face à cet isolement que nous impose la réalité ? En tempêtant contre le gouvernement ? En accusant comme toujours le monde extérieur d’être à l’origine de votre détresse ? En déprimant encore plus qu’avant ? En paniquant à l’idée de tomber malade ou de mourir ? En redoutant cette solitude le soir de Noël ? En refusant d’obéir et en vous foutant du reste du monde ?

À ce stade-ci, je souhaite vous faire comprendre une chose essentielle à notre bonheur : il nous faut comprendre que le but de notre vie est ce bonheur qui passe par l’ouverture individuelle de notre cœur ! Ce message, je le répète depuis tant d’années à qui veut bien l’entendre. Qui plus est, il m’apparait urgent, puisque nous n’aurons jamais, humainement parlant, le privilège de contrôler les épreuves qui jalonnent notre route.

Oui, nous avons plus ou moins fermé notre cœur à l’amour, tous autant que nous sommes ! De plus, la première personne à en avoir souffert, c’est nous-mêmes ! Nous avons donc raison de craindre la solitude, puisque nous nous retrouvons avec notre pire ennemi, celui qui nous rend malheureux.

En vérité, notre véritable prison, ce n’est pas la pandémie, comme nous persistons à le croire. Cette prison, elle est plutôt constituée des pensées qui nous habitent durant ce temps d’isolement. En effet, la vie se charge de mettre l’humain en face de lui-même, et voici ce qu’il peut entendre :

« Écoute la personne en toi, ce qu’elle est en train de te dire : que tu t’ennuies… Mais ce pattern cognitif était là avant que la pandémie frappe… Rappelle-toi : dès que tu n’étais pas occupé à faire sans arrêt, l’ennui était au rendez-vous.

« Tu rages parce que tu ne peux pas rencontrer tes proches, tes amis… Mais souviens-toi de la rage qui habitait déjà ton cœur, elle n’est pourtant pas nouvelle… Ne t’habitait-elle pas déjà lorsque les autres ou les situations ne répondaient pas à tes attentes ?

« Tu es anxieux à l’idée de tomber malade. Sois honnête avec toi-même, cette anxiété, ne faisait-elle pas partie de ton quotidien ? Tu déprimes à l’idée de te retrouver seul, mais tu te nourrissais déjà de pensées plus ou moins négatives depuis déjà tellement de temps, ne le savais-tu pas ? »

En ces temps d’isolement, vous allez rencontrer votre pire ennemi… Or, vos pensées, vos émotions et vos sentiments sont là pour vous mettre en relation intime avec vous-mêmes. Par amour pour vous, profitez-en pour aller à la rencontre de vous-mêmes. Apprenez à vous responsabiliser de faire du ménage en vous-mêmes. Il n’est pas normal de souffrir moralement en notre propre compagnie !

Nous accusons volontiers les autres d’être négatifs et lourds à porter… Pourtant, nous tolérons d’être en présence de cet ennemi numéro un, qui nous conduit à la déprime quand la réalité extérieure nous confronte. Nous cherchons à contrôler les évènements, alors que nous n’avons aucun contrôle sur les autres ou la vie. En fait, les seules choses sur lesquelles nous avons un pouvoir absolu, ce sont nos pensées. Malheureusement, la plupart des gens ne prennent jamais le temps d’aller se visiter intérieurement !

En ce temps des fêtes, lorsque vous ne vous sentirez pas bien émotivement, je vous souhaite de tout cœur de pratiquer à prendre un cahier et à ventiler sans censurer les pensées qui montent en vous. Ensuite, prenez mon cadeau : le Tableau des habitudes mentales1, et regardez comment vous pourriez vous parler pour apprendre à cultiver ce meilleur ami en vous : celui qui sera présent pour vous, en tout temps et en tout lieu, pour le restant de votre vie sur terre.

Ginette Carrier

  1. Tableau des habitudes mentales, par Ginette Carrier. Dernière modification : septembre 2020.

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