« Je n’ai pas envie : j’ai le droit ! »

La fameuse expression « Je n’ai pas le goût, donc je ne le fais pas » donne une pseudo-illusion de liberté ! Il n’est donc pas étonnant de voir des gens habitués de s’attacher à cette programmation nuisible et de constater qu’ils la transmettent à leurs enfants. Dans le contexte de la COVID-19, on en mesure les effets par les refus de respecter les différentes alternatives mises en place pour tenter de trouver des solutions à la pandémie.

Dans les faits, cette programmation n’est pas synonyme de liberté, mais elle est plutôt la preuve que la personne est restée programmée comme un enfant. Ce dernier a tout à apprendre, il est donc tout à fait normal qu’il soit prisonnier de ses sens et qu’il s’oppose à ce qui a un goût désagréable : « Non, je ne mangerai pas mes légumes ! … Non, je ne m’habillerai pas pour aller à l’école, parce que j’ai beaucoup trop de plaisir avec les bonhommes à la télé ! … Non, je n’irai pas me coucher, je veux continuer à jouer ! »

Si nous prenons le temps de nous regarder honnêtement, nous réaliserons que nous sommes tous plus ou moins prisonniers de nos plaisirs. En fait, « se regarder » veut dire « récupérer notre corps émotionnel », qui ne saurait nous trahir, et amener à la conscience les mal-être face aux déplaisirs que nous rencontrons au quotidien. Dans ce sens, les obligations imposées par un virus agissent comme une loupe nous permettant de voir l’enfant qui hurle en nous : « Non, je ne veux pas, je n’ai pas envie, je n’ai pas le goût ! » Il y a pire, et on l’entend souvent : « J’ai le droit à ma colère » (croyance infantile sous-entendue par cette affirmation : « Parce que je crois que je peux contrôler ce que je vais vivre et que tout comme l’enfant, si les choses ne se passent pas comme je le veux, je vais réagir, chialer et montrer à tous combien je ne suis pas content de rester enfermé contre mon gré »).

Et, dans certains cas, les « grands enfants », frustrés de devoir obéir contre leur gré, vont désobéir, sans même considérer les conséquences possibles.

Alors, vous me direz : « Si je ne dois pas écouter mes désirs, voire mes pulsions, que dois-je donc écouter ? »

Je vous répondrai qu’il faut apprendre à écouter nos besoins comme nous aurions avantage à l’enseigner à nos enfants. En fait, nous pouvons même leur enseigner à rendre agréable et plaisant ce qui, de prime abord, ne l’est pas : « Pour l’instant, je constate que tu n’aimes pas le goût de tes légumes, mais, avec la persévérance et la compréhension de l’importance qu’ils ont pour toi, tu finiras par les aimer. » Je vous assure que ça marche !

Un jour, un de mes fils m’a remerciée d’avoir toujours insisté pour qu’il goûte au moins ses champignons et ses épinards, en m’avouant que, maintenant, c’est ce qu’il aimait le plus. Notre cerveau est programmable, mais il ne peut pas discerner les habitudes que nous y programmons. Par conséquent, si nous voulons dépasser affectivement le 0-5 ans, qui refuse d’obéir à ce qui est bon pour soi parce que ce n’est pas « plaisant » de prime abord, il est plus que temps de prendre le chemin de la maturité.

D’ailleurs, de quoi avons-nous besoin ? Quels sont nos besoins psychologiques ? Affectifs ? Quel est le véritable rôle de nos émotions dans nos vies ? Je peux vous affirmer que ce n’est certainement pas de chialer contre tout et envers tout le monde. Combien de gens restent ignorants toutes leurs vies de la beauté de notre nature humaine, capable d’adaptation, de maturité et de bonheur, et ce, même dans l’épreuve ? Effectivement, si nous avons appris enfants à nous rendre heureux mentalement dans tout ce que nous rencontrons, toute situation hors de notre contrôle, en comprenant que le bonheur est de nourrir une façon de penser logique et constructive, nous prendrons donc plaisir à vivre, même obligés de rester confinés dans nos maisons. En revanche, la personne qui a l’illusion d’être heureuse, parce qu’assujettie à ses pulsions, se mettra à se plaindre et à se rendre inconsciemment ou consciemment malheureuse par tout ce qui n’est pas à son goût.

Notre véritable liberté, nous la trouverons toujours, humainement parlant, non pas dans « faire ce que nous voulons, quand nous le voulons », mais plutôt dans l’apprentissage à nous accompagner mentalement dans toutes les expériences que nous vivons, imposées ou pas.

En conclusion, voici un petit conseil tout plein d’amour : prenons goût à clarifier nos besoins, apprenons à les respecter, et ils nous guideront vers notre véritable bonheur!

Ginette Carrier

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