« Si c’était la bonne personne, ce serait facile »

Cette croyance (« Si c’était la bonne personne, ce serait facile ») fait des ravages dans les relations de couple, tout comme celle voulant que nous devrions rencontrer notre « âme sœur ». D’ailleurs, aux adeptes de cette dernière, je rétorque souvent, à la blague : « J’espère pour toi que cette personne ne mourra pas demain ! »

Avant de nous réjouir d’une dynamique de couple « facile », prenons le temps de discerner si elle l’est pour les bonnes raisons. En effet, certains patterns irrationnels donnent l’illusion de facilité en niant, en refoulant nos émotions et en mettant nos besoins « sous le tapis ». La maturité affective, quant à elle, nous permet de guérir nos patterns destructeurs et nous conduit peu à peu vers la sérénité, ce qui, par conséquent, rend nos relations harmonieuses.

D’emblée, le pattern le plus susceptible de créer l’illusion de facilité est celui du « gentil ». La personne qui souffre de ce pattern a appris à toujours dire « oui » aux demandes des autres, sans toutefois discerner ses propres besoins. Les raisons peuvent en être multiples : acheter la paix par peur du confit ; par peur de faire de la peine ; par peur de la réaction des autres ; banaliser ses propres besoins ; avoir une faible estime de soi qui craint de déranger ou d’être rejeté (ce qui nous donne toujours l’illusion que les autres sont plus intéressants) ; ou encore, avoir tout simplement appris à mettre nos problèmes sous le tapis, etc.

Par conséquent, le partenaire d’une personne ayant le pattern du « gentil » aura l’impression que la relation est facile, mais il ne verra pas les insatisfactions dissimulées par son partenaire, qui, un jour ou l’autre, sabotera la relation s’il n’apprend pas à se libérer de son pattern de « gentil ».

Dans les faits, ce qui détermine le niveau d’épanouissement d’une personne (et, par extension, du bonheur d’un couple), c’est son niveau de maturité affective.

La preuve : j’ai arrêté de compter le nombre de personnes qui, après avoir vécu le fabuleux « coup de foudre » (que tellement de gens recherchent pour savoir s’ils sont avec la « bonne personne »), ont demandé mon aide parce qu’un des partenaires ne ressentait plus d’amour et parce que, trop souvent, il y a eu un autre « coup de foudre » ailleurs.

Pour cesser de détruire nos couples et nos familles, nous devons comprendre que nos sentiments sont générés par notre tête. Donc, lorsque nous ne nous sentons pas bien dans notre relation, la première idée à soulever n’est pas de nous demander si nous serions mieux ailleurs, mais plutôt de nous demander ce que nous pourrions changer dans notre discours mental pour aller mieux.

Quant aux gens qui ne sont pas déjà en couple : aussi bien changer vos critères de sélection pour partir sur de bonnes bases. Comprenez-moi bien : c’est notre intelligence qui doit choisir notre partenaire, car elle seule est capable de discernement. De plus, notre intelligence doit absolument faire patienter notre cœur pour prendre le temps de connaître minimalement l’autre avant de s’engager.

Malheureusement, beaucoup de gens ont appris à craindre leur raison, la croyant « froide ». Pourtant, notre tête, si elle joue bien son rôle pour nourrir notre réalité affective, est la seule partie en nous capable d’apprendre à faire des choix éclairés, et ce, pour enfin cesser de mettre notre cœur en péril. En outre, notre raison est loin d’être froide, car c’est grâce à elle que nous pouvons ouvrir notre cœur (et continuer d’avoir du plaisir avec notre partenaire, même après un an, cinq ans, cinquante ans de vie commune).

Le jour où nous apprendrons à écouter notre tête penser, nous serons en mesure d’entendre à quel point le coup de foudre est superficiel et qu’il met notre cœur et la santé de notre futur couple en danger.

Illustrons cette notion par un exemple : je tombe follement amoureuse d’un inconnu. Celui-ci est déjà prisonnier de sa programmation héritée de son enfance, avec tous ses patterns irrationnels qui auront le pouvoir de saboter la relation lorsque le quotidien s’installera peu à peu. Pourtant, si j’avais pris un peu de temps avant de m’engager, j’aurais probablement perçu ses lacunes affectives, comme son impatience au volant, ses sautes d’humeur, son agressivité quand quelqu’un ne fait pas son affaire, son chialage, ses comportements désagréables, colériques, impulsifs, son incapacité à communiquer, sa fuite lorsque je veux en parler… Et je pourrais continuer cette liste indéfiniment !

En vérité, au lieu de regarder la réalité en face, je me suis contentée de mon « coup de foudre » ; ce coup de foudre créé de toute pièce par un mental superficiel et des pensées comme celles-ci : « Ah… Il est si beau ! / Enfin, quelqu’un qui m’écoute ! / Il m’apporte des fleurs… / On a tant de choses à se raconter… »

Trop souvent, nous tombons amoureux avec l’idée que nous nous faisons d’une personne (que nous connaissons à peine) et avec un fantasme d’une vie idéale. Certains tombent même amoureux avec l’illusion que leur amour pourra enfin rendre heureux quelqu’un de malheureux. Cette dernière croyance est aussi utopique que de croire que nous pourrions devenir pianiste pour quelqu’un d’autre, qui, lui, aimerait bien apprendre le piano, mais qui se sent incapable de le faire.

Par amour pour vous, prenez donc le temps d’entendre les pensées qui sont, en vérité, la cause de ce « coup de foudre ».

Certes, les débuts d’une relation sont faciles parce que la majeure partie de la population est programmée au « tout nouveau, tout beau ». Inconsciemment, nous nous mettons sur notre trente-six ! Malheureusement, ne sachant pas que nous sommes prisonniers de nos patterns, à l’origine de l’échec d’une relation précédente, ceux-ci auront tôt fait de revenir au galop, encore une fois, pour saboter une autre relation.

Et là, je vous entends rétorquer : « Non, ce n’est pas vrai, nous sommes ensemble depuis vingt ans déjà et nous n’avons pas l’intention de nous séparer ! » Et moi, de vous répondre : « Attendez de voir à la retraite, lorsque votre partenaire s’installera au quotidien dans votre vie, vous verrez si vous êtres toujours aussi convaincu ! » (À moins, bien sûr, que vous ayez tous les deux travaillé votre maturité affective, auquel cas vous filerez le parfait bonheur jusqu’à votre mort.)

Sans la maturité affective, rester avec son partenaire toute sa vie n’est pas synonyme de bonheur ni une preuve d’amour. D’ailleurs, beaucoup d’enfants issus de couples unis, mais malheureux pourront en témoigner. Et je suis aux premières loges pour l’affirmer.

Cela dit, je ne vous demande pas de choisir une personne parfaite… C’est impossible, la perfection n’étant pas de ce monde, et nous condamnerions l’humanité à l’extinction. Je vous demande plutôt de prendre le temps, par amour pour vous, de choisir un partenaire qui s’engage à cheminer, à faire un travail de maturité affective. S’il est trop tard pour le choisir, ce serait d’exiger à ce que la personne travaille en ce sens. C’est urgent, car nous avons tellement appris à normaliser les patterns négatifs que nous faisons porter aux autres. Du reste, lorsque nous quittons quelqu’un, c’est rarement nous le « méchant » quand vient le temps de raconter notre histoire. Vous trouvez ça normal, vous ? Pas moi !

Bonne réflexion, qui, je l’espère, vous conduira à votre cheminement affectif !

Avec toute la tendresse de mon cœur !

Ginette Carrier

1 réflexion sur “« Si c’était la bonne personne, ce serait facile »”

  1. Que de couples se forment et se défont. On entre en couple avec notre immaturité, on mets je crois plus de soins à s’acheter une voiture que se choisir un partenaire! Et la dépendance affective dont nous sommes inconscientes et inconscients nous fait projetr sur l’autre nos propres défauts. Alors que si je ne me connais pas, que je ne m’aime pas, j’entre en relation pour combler ma carence d’amour de moi, je demande à l’autre de « boucher »ce désir d’amour de moi. Je ne réalise pas que l’amour est une décision, que j’ai à m’aimer moi, tous les jours, me connaitre, me respecter, être bienveillance evers moi. Et l’autre a les mêmes besoins. Donc le bonheur est autonome car il part d’entre nos deux oreilles. Il se partage et se décuple avec l’autre qui reste comme moi responsable de sa nourriture mentale, de son estime et son amour de lui-même.

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