« Si je ne dis rien, c’est signe que j’accepte »

Nous avons appris à croire que c’est dans l’action que nous faisons bouger les choses. En vérité, cela est un problème qui fait obstacle à notre autonomie affective, et donc à notre maturité.

En effet, l’autonomie affective nous responsabilise à travailler sur nous-mêmes avant de parler ou de régler la situation objective.

Quant à l’immaturité, dans les faits, elle n’est ni dans la communication ni dans l’action, mais plutôt dans la « guerre » et dans la réaction impulsive.

Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que, sur le plan de nos réalités cognitivo-affective et émotive, nous sommes restés des enfants. Et, nous le savons, des enfants, ça se chicane. Nous détruisons ainsi nos rapports humains…

D’ailleurs, les relations de couple sont certainement celles qui sont le plus affectées négativement par la croyance suivante : « Si je ne parle pas, j’accepte, et donc je me laisse contrôler. »

Cette croyance est terrible, car elle peut rendre l’autonomie affective impraticable. En vérité, l’autonomie affective exige une grande capacité à se taire pour pouvoir travailler le prérequis à l’action ou à la prise de parole.

Quel est donc ce prérequis essentiel à notre maturité affective ?

Rien de moins que la maîtrise de soi.

C’est-à-dire apprendre à communiquer intelligemment pour cesser de reproduire l’automatisme, programmé depuis notre enfance, qui consiste à garrocher sur les autres notre impatience, notre intransigeance, notre chialage, nos cris, nos insultes, etc.

Force est d’admettre que la maîtrise de soi très difficile lorsque nous sommes prisonniers de nos habitudes de pensée négatives, reconnaissables dans certaines croyances comme : « Va t’affirmer / Dis-lui comment tu te sens / Si tu te tais, c’est que tu acceptes de te faire violenter. »

Nous devons absolument réaliser que nous pouvons parler ou nous taire dans les deux cas, que ce soit dans une grande immaturité ou dans une grande maturité affectives.

La grande distinction entre les deux, c’est que l’immaturité détruit nos rapports humains, alors que la maturité parle ou se tait afin de prendre le temps de guérir son négativisme. Dans la maturité, lorsque nous ouvrons la bouche, s’il y a lieu de le faire, c’est pour bâtir nos relations. Nulle violence ne saurait jaillir de la voix de la sagesse.

Et, comme le veut l’adage : « Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. »

Ici, j’en profite pour partager le test des trois passoires de Socrate (philosophe grec du Ve siècle av. J.-C.).

  1. La première passoire est celle de la vérité. Une histoire mérite d’être entendue et partagée si elle est vraie, donc s’il est possible de confirmer sa véracité. Dans le cas contraire, mieux vaut garder le silence.
  2. La deuxième passoire atteste de la « bonté » ou de la bienveillance de l’information. Si l’histoire fait du bien, qu’elle apporte quelque chose de positif à celui qui l’entend, elle mérite sans doute d’être racontée. Dans un contexte plus moderne, il serait intéressant de se questionner sur l’intention de l’information : l’histoire vise-t-elle à choquer, à faire peur, à convaincre ou à manipuler (propagande) ?
  3. Enfin, la troisième passoire valide l’utilité de l’information. Socrate aurait demandé à la personne si ce qu’il avait à lui raconter contenait une information utile, et devant une troisième réponse négative, il en aurait conclu que « si ce que tu as à me raconter n’est ni vrai, ni bien, ni utile, à quoi bon m’en parler ? »

Ce qui m’étonne, au lieu de nous inspirer de la sagesse (qui, comme on peut le constater avec Socrate, n’est pas née d’hier, et nous conseille de communiquer dans la mesure où cela construit nos rapports humains), c’est que nous nous contentons encore aujourd’hui, avec notre communication, de cultiver la guerre, qu’elle soit entre les nations ou dans nos familles !

Pour enfin connaître la paix, je vous souhaite d’apprendre la sagesse, qui est le but de tout être humain sur terre !

Avec amour,

Ginette Carrier

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